La formation supérieure agricole à Madagascar s’est progressivement structurée à travers la création et la transformation successives de plusieurs établissements d’enseignement. L’École Supérieure des Sciences Agronomiques (ESSA) est pionnière dans cette évolution institutionnelle, pédagogique et scientifique.
Avant les années 1950, les établissements d’enseignement agricole avaient principalement pour fonction de former des contremaîtres agricoles destinés à seconder les techniciens métropolitains intervenant dans le cadre de l’administration coloniale.
En 1952, l’École Supérieure d’Agriculture de Madagascar fut créée. Le recrutement s’effectuait au niveau du baccalauréat et la formation était organisée sur trois années. Les étudiants étaient ensuite orientés vers l’École Supérieure d’Application d’Agriculture Tropicale de Nogent-sur-Marne, en France.
À partir de 1955, le Collège Agricole de Madagascar (CAM) assura la formation des conducteurs de travaux agricoles. Le recrutement se faisait après le Brevet Élémentaire. Les cadres formés étaient destinés à seconder les ingénieurs français intervenant au sein des collectivités rurales et des secteurs de paysannat.
En mars 1963, l’École Nationale Supérieure Agronomique (ENSA) ouvrit ses portes dans les locaux de l’ancienne École d’Assistants d’Élevage d’Ampandrianomby, à Antananarivo. Relevant de l’Université de Madagascar, elle recrutait ses étudiants parmi les candidats issus de la Propédeutique Sciences (SPCN) de la Faculté des Sciences ainsi que parmi des professionnels admis à l’issue d’un test de niveau. À la suite de la suppression de la propédeutique en 1967, le recrutement s’effectua au niveau du DUES.
En 1969, l’Institut Universitaire de Technologie Agricole fut créé. La formation, d’une durée de trois ans, comprenait une première année de formation agronomique générale, une deuxième année de pré-spécialisation et une troisième année de spécialisation. Quatre options étaient proposées : agriculture, élevage, eaux et forêts, ainsi qu’économie et gestion agricole.
En 1974, l’Institut Universitaire de Technologie Agricole fut remplacé par l’Établissement d’Enseignement Supérieur des Sciences Agronomiques (EESSA). Le cursus fut porté à quatre années d’études et le recrutement s’effectuait par voie de concours parmi les titulaires d’un baccalauréat scientifique ou agricole. À partir de 1975, le nombre de places offertes au concours d’entrée fut porté à 100 et un cinquième département, consacré aux Industries Agricoles et Alimentaires, fut créé.
Au cours des années 1980, l’évolution du contexte économique et social ainsi que les politiques d’ajustement structurel et de libéralisation engagées à Madagascar contribuèrent à une révision progressive des programmes de formation. Cette évolution tenait notamment compte de la diversification des débouchés professionnels des diplômés, dont une partie s’orientait vers le secteur privé ou vers la création d’activités indépendantes.
À partir de 1985, la réorientation des programmes conduisit progressivement à une évolution du profil de formation, avec le passage d’une conception centrée sur l’ingénieur d’exécution à une formation davantage orientée vers le profil d’ingénieur de conception.
À la fin de l’année 1986, l’École Supérieure des Sciences Agronomiques (ESSA) fut créée. La durée du cursus passa alors de quatre à cinq années d’études. La formation visait notamment à renforcer les connaissances scientifiques, techniques et professionnelles nécessaires à l’exercice des fonctions d’ingénieur.
En 2014, l’ESSA adopta le système Licence-Master-Doctorat (LMD), dans le cadre de la réforme de l’enseignement supérieur à Madagascar. Cette réforme entraîna une réorganisation des parcours de formation selon les niveaux Licence, Master et Doctorat. En 2016, l’offre de formation de l’ESSA a été notamment enrichie par la création de la mention Agroécologie, Biodiversité et Changement Climatique, venant s’ajouter aux formations déjà proposées par l’École.
L’ESSA constitue actuellement l’un des sept établissements de l’Université d’AntananarivoSon organisation et son offre de formation résultent ainsi d’une succession de réformes institutionnelles et pédagogiques intervenues depuis la mise en place des premières formations agricoles supérieures à Madagascar.